C’est la plus grande famille de poissons avec 2000 espèces à travers le monde et 9 espèces présentes sur la retenue de Naussac. Lors de la vidange de 2005, 60% des poissons pêchés étaient des Cyprinidae. La plupart des espèces sont très prolifiques et laissent leurs œufs sans protection, collés sur les plantes aquatiques. La réussite de la reproduction est donc souvent aléatoire, mais un faible nombre de reproducteurs suffit à produire une génération pléthorique si les conditions sont favorables. Les grandes espèces (carpes, …) atteignent des âges avancés, tandis que les petites espèces, à vie courte, tendent à pondre plusieurs fois par an. Le spectre alimentaire des Cyprinidae est extrêmement varié, plutôt omnivore et opportuniste. Ils vivent souvent en bancs. Une caractéristique propre à la famille des Cyprinidae est l’aptitude au croisement entre espèces.

Le gardon (Rutilis rutilus)

Le gardon est l’espèce de Cyprinidae la mieux représentée sur la retenue de Naussac même si ces effectifs ont considérablement diminué depuis les années 2000 au profit de la perche, passant de 80% de la biomasse en 2000 à environ 30% en 2012 (Onema). On note un vieillissement de la population avec une majorité de sujets adultes âgés de 4 ans ou plus pour un poids moyen de 115 grammes, taille qui correspond à la maturité pour les femelles. Espèce phyto-lithopiles, il ne se reproduit qu’une fois par an (début Juin sur Naussac). C’est une espèce omnivore à tendance phytophage pour les adultes. Au stade alevin, il entre en compétition avec les alevins de perche et de rotengle pour l’utilisation de la ressource et de l’espace.

Sur Naussac, il peut se pêcher en été en utilisant des graines en appâts (chènevis, mais). Les rares pêcheurs qui le recherchent témoignent souvent d’excellents taux de prises.

Le rotengle (Scardinius erythrophtalmus)

Le rotengle semble peu représenté à Naussac, contrairement à son proche cousin le gardon. Cela pourrait s’expliquer par son affection plus marquée pour les zones de bordure avec une végétation abondante. Mais aussi par le fait qu’il préfère une eau plus chaude que le gardon pour sa fraie (env. 17°). Il dépose aussi ces œufs sur la végétation à la fin du printemps. A l’âge adulte, il devient plus franchement omnivore que le gardon n’hésitant pas à se nourrir d’œufs de poissons et de crustacés. Il arrive parfois que des pêcheurs le capturent en pêchant avec des leurres destinés aux poissons carnassiers. Il est peu recherché en général, si ce n’est pour servir de vif.

La brème commune (abramis brama)

La brème est bien représentée sur Naussac (troisième espèce en terme de biomasse) , où des individus de grande taille sont régulièrement observés. Elle peut atteindre 70 cm. Sa reproduction assez tardive a lieu le long des rives sur des herbiers lorsque la température de l’eau avoisine les 15 à 20°. La population de Naussac est vieillissante, probablement du au fait que certaines années le marnage précoce met à sec les œufs ou les larves encore fixées à la végétation. La brème s’hybride naturellement avec le gardon, le résultat est la brème de Buggenhagen. Elle peut s’hybrider aussi avec le rotengle présent à Naussac. Du fait de la réglementation en 1 ère catégorie qui interdit le recours à l’asticot comme appât et l’amorçage, peu de pêcheurs la recherche à Naussac.

La carpe commune (Cyprinus carpio)

Introduite en Europe depuis l’époque romaine, la population de carpe présente sur Naussac est mal connue. La carpe est régulièrement observée par les pêcheurs en bordure ou proche de la surface. C’est une espèce fouisseuse qui affectionne les sédiments meubles où elle se nourrit de débris végétaux et de larves d’insectes. Sa reproduction tardive, dans une eau à 18-20° dans des zones peu profondes coïncide avec le début du marnage estival. C’est peut-être une des explications au fait que l’on observe que des sujets adultes.

La tanche (Tinca tinca)

Cette espèce fréquentant les eaux stagnantes à fonds vaseux semble bien représentée à Naussac où des bancs parfois importants de sujets de grandes tailles sont observés prenant le soleil sous la surface dans des anses reculées. Elle peut atteindre plusieurs Kilogrammes et dépasser les 60 cm. Ses besoins en oxygène sont faibles, ce qui lui permet de résister à des conditions extrêmes. Solitaire et surtout active la nuit, la tanche se nourrit de larves d’insectes, de petits mollusques et de crustacés. Omnivore, elle peut aussi consommer des végétaux. Sa reproduction nécessite une température minimale de 18°, ce qui explique qu’elle débute tardivement chez nous. La femelle dépose ses œufs sur les plantes aquatiques et l’incubation ne dépasse pas 10 jours. Sur Naussac, seules les années pluvieuses, durant lesquelles le marnage du lac est tardif et lent, offrent de bonnes conditions pour la reproduction. Ceci explique probablement le vieillissement observé aussi pour cette espèce.

Le Chevesne (Leucicus cephalus)

Avec le vairon, c’est le Cyprinidae le plus répandu du département, il fût l’un des premiers à coloniser le lac formant ainsi de grandes colonies jusqu’à l’arrivée de la perche qui semble avoir largement contenu son expansion. C’est une espèce qui préfère les radiers et graviers pour sa reproduction, observée sur ce type de substrat à Naussac au mois de mai. Désormais plus discret sur le lac, ce poisson omnivore, qui peut atteindre un poids et une taille remarquable, n’hésite à effectuer de grands déplacements pour trouver sa nourriture.

Le Spirlin (Alburnoides bipunctatus)

Ce petit Cyprinidae typiques des rivières (Zone à ombre) a été capturé lors de l’étude scientifique menée par l’ONEMA en 1992. Toutefois, vu la faible taux d’échantillonnage (un seul individu) on peut considérer sa présence comme accidentelle.

Le vairon (Phoxinus phoxinus)

Espèce typique d’accompagnement de la truite c’est le plus petit Cyprinidae présent sur Naussac où il peut désormais être considérés comme relictuel ou quasiment disparu. On l’observe encore près des 2 arrivées d’eau.

Le goujon (Gobio gobio)

A l’instar du vairon, le goujon fût l’un des premiers poissons à arriver sur la retenue via la dérivation du Chapeauroux, où il subsiste encore. Il reste cependant rare dans ce milieu qui ne lui est pas propice. On peut encore l’observer près des arrivées d’eau.